dimanche 10 janvier 2016

Une "algeco" avant l'heure

1930 : une cinquantaine d’années après les lois de Jules Ferry instaurant à partir de 1881 l’école publique, laïque, gratuite, et obligatoire, le hameau de Saint-Césaire comptait environ 130 enfants de 6 à 14 ans (âge-limite du certificat d’études primaires institué en 1882), scolarisés dans les trois classes surchargées de l’école construite en 1837 (aujourd’hui "la maternelle").
Ce constat d’exigüité des bâtiments scolaires ne concernant pas que Saint-Césaire, le conseil municipal de Nîmes lança alors un important programme de constructions dans lequel s’inscrivit le groupe scolaire situé rue de l’Eglise : le projet fut établi en 1931, … mais la nouvelle école ne fut inaugurée qu’en 1936.
Cependant, devant l’urgence « à faire face aux besoins des habitants du hameau », et en attendant « que les nouvelles classes soient prêtes », la municipalité prit la décision de faire construire provisoirement « un baraquement scolaire en planches (sic) susceptible de loger immédiatement deux salles de classe ».
Le devis descriptif faisait état d’une dépense de 22000 francs ("anciens", soit 12567 euros de nos jours), dépense qui paraissait importante, mais « ne l’était pas en réalité si on considérait que la surface (123 m2) était assez vaste, que le baraquement serait bien couvert avec tuiles sur voliges, et bien parqueté ».
C’est l’entreprise nîmoise Gervais frères qui acceptait de l’édifier immédiatement pour ce prix forfaitaire, incluant en outre l’installation d’un « WC avec deux cabines établi sur un petit plancher au-dessous duquel passeraient des tinettes » ; le service de remplacement de celles-ci serait assuré « par le cantonnier chargé de l’enlèvement des balayures et immondices du hameau »…
L’ensemble fut monté sur un terrain vague situé au niveau des actuelles rues du Clapas et Jules Raimu ; les deux classes du "baraquement" furent affectées aux élèves de fin d’études primaires, "les grands". Cette installation n’avait qu’un caractère provisoire, dans l’attente de la construction du groupe scolaire, pour laquelle un délai de 3 ans avait été fixé pour les travaux ; en fait, l’école en planches ouvrit en 1932, et fut maintenue encore 2 ou 3 ans après l’ouverture effective de la nouvelle école (courant 1936).
Comme quoi le recours à l’aménagement provisoire… durable, dit aujourd’hui "algecos", n’est pas nouveau.

 

lundi 28 décembre 2015

La photo du mois


La fontaine-abreuvoir dite Griffe
installée en 1904 
sur la place au cœur du village.
Ce griffe a été déposé 
à la fin des années 1960.



Feuille d'infos recto n°29 - décembre 2015


samedi 7 novembre 2015

La photo du mois

Touches de neige sur les micocouliers 

et ciel bleu sur le temple (1822). 

Sur les marches, groupe d'enfants du village (difficiles à identifier)

 saisis par l'objectif vers 1950.



jeudi 8 octobre 2015

La photo du mois


L'école primaire de Saint-Césaire dans les années 1960 :
vu de la rue de l'église, le bâtiment est resté le même.
Tous les enfants du village y étaient scolarisés,
les nouveaux quartiers périphériques n'étaient pas 
encore construits à cette époque 
(les Clos et Mas Roman notamment).
Quatre-vingts classes d'âge y ont effectué 
"la rentrée scolaire" depuis 1936.
Aujourd'hui, le souhait de nombreux saint-césairois
est d'attribuer un nom identifiant cette école élémentaire:
une proposition en ce sens 
a été soumise à la municipalité.

jeudi 1 octobre 2015

Devoir de mémoire : ouvrons la page

La feuille d’informations n°28 de l’association
a été distribuée fin août :
les personnes intéressées par l’activité de l’association qui ne reçoivent pas dans leur boite aux lettres cette feuille, dont la distribution rappelons-le est limitée au vieux village, coût oblige, peuvent se la procurer auprès du président, par mail ou par téléphone (voir ci-après coordonnées).
Vous trouverez dans la dernière édition un appel à constitution d’archives historiques sur le village :  « Fonds d’archives de l’association : précieuse contribution à la connaissance historique de Saint-Césaire ».
Dans l’esprit de cet appel, l’association renouvelle ici qu’elle est à la recherche de documents relatifs à l’école primaire, dont l’anniversaire des 80 ans a été proposé à la municipalité pour juin 2016.
Vous avez été écolier, écolière, dans cet établissement, vos enfants l’ont été, vos petits-enfants le sont, vous devez conserver comme la plupart d’entre nous des témoignages de votre période scolaire qui ont marqué votre enfance : 
photos, cahiers, résultats et appréciations, diplômes…
N’hésitez-pas à nous les confier, pour les dupliquer et présenter une exposition dans le cadre de la fête que l’association souhaite organiser autour de l’école, et à laquelle vous serez conviés.
La réussite de cette initiative passe par la contribution du plus grand nombre d’écoliers - anciens et actuels - et nécessite une préparation qui dès à présent demande une prise en compte collective.
Nous sommes persuadés que les saint-césairois attachés à "leur école" seront sensibles à cet appel.
 
Francis Brun + 83 rue de la Plaine 30900 Nîmes
 ' 0466239421


 

jeudi 10 septembre 2015

La photo du mois


Publicité du domaine viticole de Masquard, parue dans une publication de 1905.

Les chais de la propriété se trouvaient au cœur même de Saint-Césaire, au Château de la Cascade dont l'entrée toujours d'époque (portail année 1763) est située rue de l'église.  Monsieur Eugène de Masquard fut un ardent défenseur des agriculteurs et viticulteurs, au nom desquels, et au-delà de ceux du village, il fut porteur auprès des instances politiques des problèmes économiques et corporatifs. 



Feuille d'infos n° 28 - recto


samedi 15 août 2015

Photos du mois


 L'alguazil de la corrida du siècle :
Rémi Guérola




Le matador Antonio Pilès
porté en triomphe par de jeunes saint-césairois :
Henri Gélis, Momond Brun, Alfred Lunardi.

Il y a 70 ans : la corrida du siècle à Saint-Césaire !


Á l’été 1944, Nîmes et sa région, comme la quasi-totalité 
du territoire français, s’était libérée de l’occupation allemande ; cependant, un an après encore, les conséquences de la pénurie de guerre étaient toujours très ressenties : restrictions obligatoires, approvisionnement insuffisant, consommation modérée.
Malgré cela, dans l’euphorie ambiante de la Libération d’abord, puis de la capitulation générale du régime nazi signée quelques semaines auparavant le 7 mai 1945, le besoin collectif de fêtes et réjouissances était dans toutes les têtes.
C’est ainsi, dans ce contexte mitigé, qu’en ce mois d’août 1945 allait renaitre à sa date traditionnelle la fête du village, la fête votive.

Les élections municipales s’étaient déroulées en avril 1945, et le maire élu à Nîmes, Léon Vergnolles, avait désigné un adjoint spécial à Saint-Césaire, un certain Gaston Lessut, né au village, exploitant agricole, impliqué dans la vie locale. Soucieux de prendre en compte les problèmes de ses concitoyens, Gaston Lessut se démenait pour ravitailler les saint-césairois en denrées de première nécessité, notamment des sacs de pommes de terre qu’il faisait distribuer.
L’occasion de la fête allait lui permettre d’avancer une idée géniale : répondre à la fois aux besoins de consommation et de divertissement. En effet, une arène éphémère et pittoresque, composée essentiellement de charrettes et de tombereaux mis à disposition par les viticulteurs, était montée (à l’emplacement de l’actuel terrain de foot) pour y faire courir les taureaux de Camargue (il y avait une course presque tous les jours, et la fête en durait une dizaine).
Pour le 15 août 1945, notre Gaston prit l’initiative de "faire tuer un taureau" : pas de problème, son ami manadier Emile Bilhau pouvait répondre à la demande et fournir un "beau camarguais" ; pour l’estoquer, il fallait un torero : pas de problème non plus, il allait le trouver dans la communauté exilée de l’Espagne franquiste en la personne du valenciano Antonio Pilès (famille devenue illustre dans le milieu taurin nîmois, dont Robert Pilès matador de toros). La corrida put donc avoir lieu.
On y frôla d’abord la catastrophe : non pas en piste dans le "rond de charrettes", mais sur les tribunes bondées où tout Saint-Césaire s’était agglutiné, l’une d’elles déséquilibrée ayant cédé sous le poids (il avait plu la veille) entrainant les spectateurs au sol ; plus de peur que de mal heureusement, quelques ecchymoses…
Après la sortie en triomphe du maestro porté sur les épaules de la jeunesse du village, ce ne furent pas les "oreilles et la queue" qui intéressèrent les saint-césairois mais la viande : les bouchers la débitèrent et chacun put obtenir un bifteck ou une daube, c’était le but, ce qui laissa dubitatif le préfet de Nîmes qui avait accordé l’autorisation ; en effet, la corrida permit de vendre (à petit prix) quelques 600 kg de viande supposés provenir de ce brave camarguais !... (on saura bien plus tard que quelques vaches du coin s’y étaient ajoutées, mais le préfet en question était probablement à la retraite ou muté sous d’autres cieux).
Cette année-là, pour la fête votive, le pot-au-feu de bœuf s’imposa comme plat de gala sur les tables saint-césairoises…

Juste retour des choses : lors de ses mandats suivants au sein des municipalités nîmoises, le populaire Gaston Lessut se vit confier  la fonction - outre celle de "maire de Saint-Césaire" - de président de la commission tauromachique.  On comprend pourquoi.

vendredi 10 juillet 2015

La photo du mois


  Plaque signalétique apposée sur la place du griffe :
 
Les Fontaines
1904 - 1997
 
" La libre distribution publique d'eau potable fut assurée
à partir de 1904 aux coins des rues du village.
La borne-fontaine, vestige du réseau d'alimentation,
témoigne de l'installation au 20ème siècle
d'une quinzaine de bornes,
modèles à levier d'abord, puis à volant, enfin à bouton.
A la même époque fut érigée la fontaine dite griffe,
faisant fonction d'abreuvoir pour chevaux :
elle a laissé son nom à cette place centrale du village.
Le Griffe actuel, fontaine ornementale et symbolique,
est installé depuis 1997 pour rappeler celui d'origine".


 



Le circuit historique fait son chemin ...



   Claude Mauny, Richard Tibérino et Francis Brun, place du Griffe.

Inauguré en 2012 avec la plaque retraçant l’historique du lavoir, le circuit historique de Saint-Césaire se dévoile de plus en plus grâce à l'association du Patrimoine qui poursuit l'accrochage de plaques signalétiques qui jalonneront, à terme, un circuit historique dans les rues du vieux Saint-Césaire.

Trois nouvelles plaques viennent ainsi d'être apposées concernant la table de pierre, près de l’église, la draille médiévale, chemin qui arrive rue du Temple et les fontaines sur la place du Griffe. Aujourd’hui, ce sont sept plaques, sur la quinzaine envisagée par l’association, qui permettent de mieux connaître les lieux qui ont fait la vie de ce quartier.

Jeudi 2 juillet, Francis Brun, président de l’association, Richard Tibérino, adjoint au maire délégué à Saint-Césaire et Claude Mauny, responsable des espaces verts, dévoilaient ces plaques dont celle apposée place du Griffe, au-dessus de la borne-fontaine installée pour témoigner symboliquement, avec le griffe et le puits, de l'importance du rôle public de ces éléments de distribution de l'eau dans la vie des Saint-Césairois au cours du XXe siècle.


dimanche 14 juin 2015

La photo ancienne du mois


 Photo prise  au début du 20ème siècle :
vue nord du domaine situé entre l'église et le moulin à vent,
connu à cette époque sous le nom de Château de la Cascade,
propriété de la famille De Masquard.
La construction qui de l'extérieur ressemble à une tour
mais est totalement ouverte côté intérieur du parc,
était appelée solarium par les propriétaires.
A l'origine, probablement en 1763,
sa fonction devait plutôt être celle d'un "reposoir",
lieu de pause promenade et de méditation spirituelle
(recherches en cours).
 
 
 
 


lundi 11 mai 2015

La photo du mois

Ecole primaire de Saint-Césaire

année scolaire 1947/1948

classe mixte de cours préparatoire.

Cette photo a immortalisé

la douzième génération d'écoliers

entrée à cette école, dite grande école, 

en octobre 1947.

Ce groupe scolaire allant du CP au CEP

(classes de filles et classes de garçons,

après le cours préparatoire)

a été inauguré en octobre 1936.



mardi 21 avril 2015

La photo du mois

 

Cette grande bastide  témoigne du passé agricole de Saint-Césaire.

Elle était baptisée Lou Recantoun (on dit aussi recantou, c'est à dire recoin) à cause de sa situation géographique dans le village, au bout de l'avenue de la gare, coincée entre la route et la voie ferrée. 

Elle fut longtemps, au sud de Saint-Césaire, la dernière habitation avant les premières vignes de la plaine s'étendant jusqu'au Vistre.



vendredi 20 mars 2015

La photo du mois

 
 
 

Coucou !... le revoilou,

le fleuve de Saint-Césaire !

Il s'agit du cadereau dit de Valdegour,

à l'est du village, qui s'est offert à la vue

dans sa partie encore ouverte en bordure

du cimetière de la route de Rouquayrol.

Alimentés par les fortes pluies de l'automne,

les cadereaux du coin nous ont fait

une petite manif' comme pour nous rappeler

qu'il ne faut pas les ignorer.

Ephémères peut-être, mais toujours là !

 
 
 
 


mercredi 18 février 2015

La photo du mois


Emblème de Nîmes
au fronton de l'école primaire de Saint-Césaire.
Bien qu'il soit aujourd'hui quartier de la ville,
le village d'origine, qui ne fut jamais commune,
ne revendique pas pour autant de référence à la
romanité citadine : si Nîmes ( Nemausus ) fut
colonisée par les romains ( COLonia  NEMausensis ),
Saint-Césaire ( Sancto Cesario ) fut quant à lui
colonisé par...  les nîmois, quelque 1000 ans plus tard.
C'est peut-être pour ça que la municipalité
qui eut à décider de la construction du groupe scolaire
a voulu matérialiser par ce blason sculpté l'appartenance
du hameau campagnard à la commune de Nîmes.
La première pierre du début des travaux fut posée
fin février 1935.

 
 
 
 
 



vendredi 16 janvier 2015

La photo ancienne du mois


Photo postérieure à 1920,
le monument aux morts de la guerre de 14-18
(visible au centre gauche de la carte postale)
ayant été érigé cette année-là.
Sur le plan entre la bâtisse située à droite
(bureau de tabac) et celle située à gauche (café)
se déroulait par la suite une partie de la fête votive
qui se partageait entre ce lieu et la place du griffe.

 

mercredi 10 décembre 2014

La photo du mois


TOP de début des 80 ans des écoles primaires "filles et garçons" :
avis public d'adjudication le 15 octobre 1934
de la construction du bâtiment.
La première pierre sera posée fin février 1935,
la réception des travaux par la commission municipale
se fera en juillet 1936,
l'école sera officiellement inaugurée le 11 octobre 1936.

vendredi 5 décembre 2014

Initiative en 2015... pour 2016


Tableau noir, bancs d’école, et préau à l’étude.

Socle fondamental du patrimoine culturel par excellence,
l’école communale s’imprime dans la mémoire collective,
et reste dans les souvenirs comme institution la plus chargée
de symboles, laïques bien sûr, mais aussi éducatifs, identitaires, affectifs, amicaux, sentimentaux.
En 2016, "notre primaire" - qui fut inaugurée en octobre 1936 -
aura vu passer par ses portes - celle des filles, celle des garçons -
huit décennies d’écoliers qui se sont succédés pour en écrire les quatre-vingts ans de son histoire.
L’association du patrimoine souhaiterait inscrire à son calendrier 2016 l’anniversaire de ces 80 ans de la "grande école", en organisant un rassemblement festif des générations qui ont traversé le 20ème siècle depuis le cours préparatoire de 1936 jusqu’à aujourd’hui.
D'ores et déjà, l’association lance donc un appel à tous ceux et celles, enfants du village, qui furent acteurs de cette école, en y joignant l’idée suivante : constituer un recueil de témoignages, un livre d’or en quelque sorte, à partir des souvenirs des uns et des autres, sous la forme d’anecdotes de classe et de récréation, de péripéties, de faits marquants, de moments heureux, ou malheureux pourquoi pas…
L’intérêt de cette proposition est de consigner par écrit des témoignages souvent livrés par la seule parole : n’hésitez-pas à nous les transmettre pour participer à ce travail collectif de mémoire, par l’un des moyens que nous mettons à votre disposition à cet effet (courrier électronique,voir ci-contre adresse "contact messagerie").
Toujours pour la préparation de cet anniversaire, l’association fait appel au prêt de "photos d’école", avec si possible identification des écoliers : les originaux confiés seront dupliqués et rendus aussitôt ; outre l’expo qui pourrait être présentée, ce fonds de photos permettrait de constituer une originale collection dédiée à l’histoire de l’école primaire de Saint-Césaire, archivée par l’association du patrimoine.



vendredi 7 novembre 2014

La photo ancienne du mois


Il y a une soixantaine d'années,
le charme campagnard du petit village, entouré de vignes et d'oliviers
qui venaient lécher les abords immédiats de l'agglomération.
L'urbanisation s'est depuis imposée,
le charme n'y a pas résisté !

mardi 7 octobre 2014

La photo du mois


Cliché pris le 24 juin 1939 à l'occasion
d'une grande cavalcade organisée à Nîmes
pour célébrer le centenaire du chemin de fer :
le cabriolet est celui des saint-césairois de la Nacioun Gardiano
avec le félibre et mainteneur Emile Bessède
à la conduite de l'attelage.






lundi 8 septembre 2014

La photo du mois

02 août 1914, la fin d’une illusion : c’est en ce jour de plein été qu’après la mobilisation générale intervenue la veille, français et allemands se sont trouvés face à face aux frontières respectives de chaque pays pour ce qui allait devenir l’affrontement que les manuels d’histoire du 20ème siècle ont baptisé « première guerre mondiale ».
Cinq ans plus tôt à Saint-Césaire, au printemps 1909, un conflit d’une autre nature, celui-ci sans haine et sans armes, avait vu le jour dans le petit village campagnard.
Essentiellement agricole, surtout viticole à cette époque, le hameau n’a jamais été indépendant : c’est la municipalité de Nîmes qui dispose de la gestion administrative et économique locale. Sous l’impulsion de quelques saint-césairois, jeunes agriculteurs notamment, la population est invitée à se mobiliser afin que le village soit érigé en commune : à cet effet, pour soutenir et financer la démarche, sont émis des bons de souscription valant 5 francs (environ 19 € d’aujourd’hui, environ 100 F en 2001, le rapport au Smic étant sensiblement équivalent en 1 siècle).
Mais le maire et les élus de la ville n’y sont pas favorables, l’initiative est contestée, le dossier compliqué à constituer, la procédure longue à franchir les étapes, si bien que les bonnes volontés s’essoufflent ; pour calmer les esprits, le conseil municipal élu en 1912 offre à un saint-césairois le premier poste d’adjoint au maire délégué spécial à St Césaire.
Toutefois le projet de "commune libre" n’est pas pour autant abandonné.


 
Les espoirs seront anéantis par les ravages de la guerre : comme toutes les communes françaises, le petit hameau est lourdement frappé, 25 jeunes hommes parmi les nombreux envoyés au front vont laisser leurs noms gravés sur le monument aux morts.
Après l’armistice de novembre 1918, une annexe officielle de la mairie de Nîmes sera ouverte à Saint-Césaire en 1919, et sera définitivement enterrée l’idée pour le village d’un statut de commune à part entière.

dimanche 7 septembre 2014

Feuille d'infos - août 2014


Saint-Césaire - La draille médiévale rénovée


Le chemin a été réhabilité dans sa partie basse.
Au Moyen Âge, Saint-Césaire était un lieu de passage obligé entre Nîmes 
et la Vaunage.
De cette période subsiste une draille, ou chemin, qui reliait la rue de l’Eglise à la rue du Temple, desservant entre autres le cimetière médiéval. On la retrouve en partie près de la rue du Temple.
L’association du Patrimoine de Saint-Césaire avait demandé la rénovation de ce vestige,  laissé à l’abandon : accordée en conseil des quartiers, cette réhabilitation a eu lieu en juillet. 

samedi 16 août 2014

La photo du mois



C'est sur cette voie de garage désaffectée,
jouxtant le dépôt de matériel militaire
toujours existant de nos jours (clôture à gauche),
que fut retenu pendant 2 jours le convoi du "train fantôme".
Isolé à 500 m de la gare et hors de vue du village,
les soldats allemands en interdisaient toute approche.
Seuls les cheminots et quelques riverains eurent vraiment connaissance de cet épisode douloureux de fin de l'Occupation,
survenu les 11 et 12 août 1944.


Commémoration d'août 1944 : Saint-Césaire, étape du dernier convoi vers l'Allemagne.

11 août 1944 :
il est 3h00 du matin lorsque stoppe en gare de Saint-Césaire un long train composé essentiellement de wagons "à bestiaux"; contraint de s'arrêter avant d'atteindre Nîmes et poursuivre son trajet, le convoi est "garé" sur une voie de service, au plus près des bâtiments de la garnison allemande installée à proximité d'un important dépôt d'essence depuis le début de l'Occupation. Ce train va entrer dans l'histoire de la seconde guerre mondiale comme étant "le dernier convoi vers la mort" : à l'intérieur des wagons en bois, près de 800 personnes, hommes et femmes, sont entassées comme du bétail et vivent un véritable cauchemar qui dure déjà depuis près d'un mois.
Tout a débuté le 30 juin de cette année 1944 : ce jour-là, les derniers détenus - 403 précisément - du camp du Vernet d'Ariège, sont acheminés à Toulouse par les allemands afin d'être déportés vers des camps de concentration. Ce sont pour la plupart des résistants d'origine étrangère, notamment espagnols républicains et réfugiés d'autres nationalités. Formé à Toulouse le 3 juillet, le train a d'abord pris la direction de Bordeaux, puis d'Angoulême, avant de rebrousser chemin vers Bordeaux où les transportés seront débarqués et consignés pendant presqu'un mois. C'est le 9 août que le train à nouveau formé va reprendre son parcours chaotique, retour sur Toulouse, puis direction l'est de la France par notre région.
A Saint-Césaire, le stationnement durera deux jours, les 11 et 12 août : hormis quelques proches riverains et le personnel de la gare, peu de saint-césairois connaitront le drame dont le petit village était le théâtre; impossible d'approcher les lieux, de tenter quoi que ce soit, le convoi est isolé et bien gardé pendant ces 48h00. Il fait très chaud en ce mois d'août, seuls quelques cheminots seront autorisés à aider les soldats allemands à fournir de l'eau et de la nourriture aux pauvres malheureux victimes de la barbarie nazie.
Le 13 août, le convoi repartira. Deux jours après aura lieu le débarquement en Provence des troupes françaises et alliées, des combattants africains, épaulées par les résistants. Nîmes sera libérée le 24 août, et après le débarquement intervenu en Normandie le 6 juin, la France sera libérée en grande partie à la fin août.
Mais malgré cela, alors que se déroulent les combats pour la libération, le périple du train, émaillé d'arrêts fréquents, de sabotages des voies par les maquisards, d'évasions, de morts, va se poursuivre jusqu'à son terminus, le camp de Dachau où il arrivera le 28 août !... après deux mois de trajet : c'est la durée de parcours la plus longue de l'histoire de la déportation. Transférés ensuite au camp de Mauthausen, plus de la moitié de ceux arrivés à destination par ce "dernier train" ne verront pas la victoire alliée et la capitulation de l'Allemagne nazie en mai 1945.
L'odyssée de ce "train fantôme" peut être suivie jour après jour en consultant le site internet de l'amicale des survivants, Déportés du Train Fantôme www//lesdeportesdutrainfantome.org : villes étapes, temps forts, faits importants... Une page de cette tragédie est consacrée à la halte de Saint-Césaire : à ne pas oublier !



samedi 12 juillet 2014

La photo du mois





Les belles années de fête votive.
Du lendemain de la Libération et pendant une vingtaine d'années, la fête votive fut la grande fête de l'année à Saint-Césaire : au coeur de l'été, entre moissons et vendanges, elle mobilisait toutes les bonnes volontés - responsables associatifs et jeunesse - autour d'un programme quotidien, concours de boules, taureaux, et bals, qui animaient le village depuis l'apéro de midi jusqu'à une heure bien avancée de la nuit. Et cela durait une dizaine de jours, autour du 15 août, pour moitié place du griffe (Café du commerce, siège du club taurin) et pour l'autre aux abords du Café de la gare (siège du club de foot). Les arènes éphémères que les saint-césairois appelaient le "rond de charrettes", étaient montées sur le terrain devenu par la suite le jardin public : on imagine, au vu de la photo qui témoigne du rudimentaire et du pittoresque des installations, que les taureaux (aux cornes heureusement emboulées) n'avaient aucune difficulté à s'échapper, ce qui arrivait fréquemment et provoquait quelques bonnes frayeurs aux coins des rues. Comme l'on peut en juger, il n'y avait pas que des téméraires à Saint-Césaire !... 
   

lundi 19 mai 2014

La photo du mois



Une anomalie architecturale !...
Bel exemple d'atteinte à un espace naturel et à son environnement,
que cette imposante construction élevée sur la colline de Carémeau
en limite d'avenue Kennedy et d'habitations riveraines du quartier.
Pouvait-on faire plus carré(ment)... moche ?... Jugez-en vous-même.


Béton, bitume… et patrimoine naturel.


On y tenait à ce petit carré d’espace de garrigue encore préservée
sur ce versant sud de la colline de Carémeau.
Et l’on espérait que les garanties données il y a près de vingt ans seraient respectées : en 1995, les fondateurs de l’association du patrimoine avaient exprimé auprès de la direction du CHU leur souci "quant à la protection et la sauvegarde de ce versant naturel",
sur lequel avaient échoué une soucoupe et les bâtiments adjacents
de l’extension Carémeau II du centre hospitalier.
On peut enregistrer aujourd’hui la réponse à ces garanties.
Certes, s’agissant d’une nouvelle unité de soins dont la nécessité et le bien-fondé ne peuvent être contestés, manifester toute opposition pourrait être mal compris voire mal venu, et là n’est pas notre propos.
Mais le CHU dispose sur son territoire, assez vaste semble-t-il, d’un espace foncier qui aurait pu permettre l’installation de ce bâtiment ailleurs sur le site, sans porter atteinte à ce versant naturel et son environnement.
Après avoir assisté à l’éradication totale de ce qui constituait un poumon vert dans cette zone urbanisée, le constat navrant qui peut être fait par les saint-césairois - riverains ou pas de la colline Carémeau - s’applique à l’architecture de la construction érigée en ce lieu précis : un bloc de béton démesuré, de type classique HLM des meilleures années soixante, écrasant l’environnement immédiat et s’imposant à la vue comme une monstrueuse verrue dans le paysage déjà bien maltraité depuis plusieurs décennies.
Mais ce qui nous interpelle également, outre l’aspect inesthétique, c’est l’impact de cette construction sur l’habitat et la population de proximité, avec les inquiétudes qui font se poser quelques questions relatives aux conséquences prévisibles : risques d’inondation lors d’épisodes pluviaux de forte intensité, élévations des taux de réverbération et de température, augmentation de la pollution, destruction de l’écosystème…
On le voit, béton, bitume, et espace naturel mal maitrisés peuvent se contrarier. Et nous contrarient aussi.
Ce constat doit faire prendre conscience à tous les saint-césairois attachés à leur patrimoine y compris naturel que la préservation de la colline du moulin à vent est plus que jamais à l’ordre du jour en cette année 2014.

samedi 19 avril 2014

La photo du mois


Deux représentations de saint Césaire :
l'une classique, statue en pied du XIXe siècle,
l'autre moderne, vitrail coloré du XXe siècle.
Ces clichés de Anthony Perrot et Michel Baudat
sont extraits de l'ouvrage "Les saints d'Arles"
co-écrit par Claire-Lise Creissen et Michel Baudat
(lire ci-dessous Feuille d'infos avril 2014).


Feuille d'infos - avril 2014

mercredi 12 mars 2014

La photo du mois



Les majestueux platanes, fleurons de la place du griffe :
un précieux patrimoine à surveiller, à soigner, à protéger.
Les jeunes centenaires ont entendu "cascailler" à leurs pieds
plusieurs générations de saint-césairois.
Le temps est avec eux :
les platanes ont une durée de vie de plusieurs siècles ...
 
 

Assemblée statutaire adhérents et sympathisants

L’association du patrimoine tiendra son assemblée générale annuelle

le mercredi 19 mars à partir de 18 heures 30,

dans la salle municipale de la rue de Mascard.

 

À l’ordre du jour :

- bilans de l’association, dossiers en cours, projets,

- renouvellement du Bureau, et questions diverses.

 

L’assemblée générale est ouverte à tous les habitants du village qui souhaitent manifester leur intérêt pour la préservation du petit patrimoine public et pour la protection de l’environnement. En particulier, les nouveaux résidents – du quartier ancien ou de la périphérie – pourront être informés des réalisations d’ores et déjà concrétisées et des objectifs envisagés.

Le bureau de l’association compte sur le soutien d’un grand nombre de participants pour mener à bien les initiatives en cours, et poursuivre son action en faveur de la mémoire collective.

Il vous convie amicalement à réserver votre fin de journée du 19 mars afin de participer à cette assemblée générale statutaire annuelle.

 

vendredi 14 février 2014

La photo du mois



le petit chemin médiéval bientôt réhabilité:
voie sans issue aujourd'hui, cette draille
longeait l'ilot d'habitations dit "le fort"
(au fond à droite au-delà du cyprès)
et desservait le petit cimetière à hauteur
du portail ouvert dans le mur de droite.
Il reliait le chemin principal venant de Nîmes
et se dirigeant vers le pays de Vaunage. 

 

Un petit bout de chemin réhabilité ...

Entre les 208 et 228 rue du Temple, avez-vous peut-être remarqué ce qui semble être un passage, une voie de traverse, voire la naissance d’une ruelle sans issue. Préservé par le temps, oublié par le passant, cet accès qui se termine en impasse n’est autre que le vestige d’une draille, d’un chemin médiéval.
Il faut imaginer qu’au 11ème siècle, la bourgade de Saint-Césaire - à l’époque Sancto Césario - se limitait à une dizaine de maisons au plus concentrées aux abords de la "table de pierre", aujourd’hui « Table ronde », et il s’agissait plus précisément du petit ilot appelé le Fort. Le site de Saint-Césaire était alors le lieu de passage obligé venant de Nîmes en direction de la Vaunage : le chemin principal de relation entre ces pays passait par Pissevin, arrivait au village par le nord, l’actuelle rue de l’Eglise, et continuait son trajet par la rue du Temple puis la rue de l’Espoir.
Un peu d’histoire : cette voie était fort fréquentée car essentielle déjà à l’époque du peuple gaulois ; en effet, elle permettait de relier le plus directement possible les deux capitales du territoire celte des Volques, Nîmes étant celle des Volques Arécomiques, et Vieille-Toulouse celle des Volques Tectosages (au sud de l’actuelle Toulouse). Ce chemin d’importance capitale, c’est le cas de le dire, traversait la Vaunage jusqu’à Sommières, contournait le Pic St Loup par le nord, descendait ensuite sur Gignac puis prenait la direction de la Haute-Garonne, en passant par Bédarieux et Mazamet. Il était connu sous le nom de chemin de Vieille-Toulouse.
Revenons à Saint-Césaire qui était donc logé dans une boucle de ce chemin, entre la rue de l’Eglise et la rue du Temple ; et pour relier l’une à l’autre au droit du Fort, une petite draille entrait dans la bourgade par le nord et en ressortait par l’ouest, desservant au passage le petit cimetière médiéval.
C’est cette portion qui est encore visible de nos jours.
En 2012, a été présentée au Conseil de Quartier de Nîmes-Ouest une demande de travaux de voirie concernant l’évacuation des eaux pluviales à la hauteur du 208 rue du Temple, avec rénovation totale de l’impasse qui nous intéresse : belle opportunité évidemment de mettre en valeur ce vestige historique, d’autant plus qu’a été proposée, pour rehausser le caractère ancien du lieu, la mise en place de pavés.
Bonne nouvelle : séduit par cette proposition, le président du Conseil de Quartier, M. Richard Tibérino, adjoint au maire délégué à Saint-Césaire, l’a faite validée par le bureau du Conseil et votée par celui-ci en séance du 23 janvier dernier. Ainsi, la rénovation de la "draille médiévale" devrait être réalisée en 2014.
Ce petit bout de chemin oublié, bien qu’il ne mène nulle part aujourd’hui, peut cependant conduire notre imaginaire aux portes des origines de notre millénaire village : l’histoire ne peut s’écrire sans repères.

jeudi 16 janvier 2014

La photo du mois


Le site de Saint-Césaire au début des années 1970 :
on distingue à droite le vieux village encore aéré à l'ouest,
avant construction des lotissements et du Mas de Roman.
Au premier plan les installations pionnières de la zone industrielle,
et au second plan les silhouettes dominantes des Zup Sud et Nord.

jeudi 7 novembre 2013

La photo du mois

La commémoration du 11 novembre sera marquée cette année par la célébration du 100e anniversaire du déclenchement de la guerre 14-18. 

C'est en 1920 qu'a été érigé le monument aux morts à la mémoire des saint-césairois tombés au combat : ce monument était implanté en face du bureau de tabacs, au coin du café de la gare et de la route de Sommières (aujourd'hui baptisée avenue Georges Dayan). 

En 1981, il a été transféré à son emplacement actuel situé à l'entrée du jardin public de la rue de Mascard. A la suite d'actes stupides d'irrespect, sa protection par une grille métallique élevée s'est avérée nécessaire.


Place du Griffe : patrimoine public piétonnier à préserver

Au mois de juin dernier, à la suite d’une information communiquée en Conseil de quartier Nîmes-Ouest, l’association du patrimoine et le comité de quartier de St Césaire-Mas Roman ont adressé au maire de Nîmes un courrier cosigné par les deux présidents, afin d’exprimer
« leur désaccord relatif aux modifications envisagées touchant à l’espace piétonnier de la place du griffe ».
 Ces modifications concerneraient l’aménagement de quatre ou cinq places supplémentaires de stationnement sur une partie pavée, et l’attention du maire a été appelée sur les arguments suivants :
 - que nous nous étions félicités de voir aboutir enfin le vieux projet de rénovation de cette place, dont la réfection à l’ancienne avait recueilli l’adhésion des parties intéressées ;
 - que cette rénovation totale, réalisée en 2007, avait fait l’objet de réunions et discussions préalables auxquelles l’association et le comité avaient été associés. Et bien que certains des aménagements se rapportant notamment aux places de stationnement n’avaient pas vraiment répondus à nos attentes, un consensus raisonnable avait été néanmoins accepté pour tenir compte en particulier des exigences de la proximité des commerces ;
 - que l’intégrité actuelle de l’espace piétonnier se trouverait grignoté;
 - que quatre emplacements supplémentaires de stationnement ne vont pas améliorer, encore moins résoudre, les difficultés d’encombrement inhérentes à la configuration du quartier ;
 - que ce serait au contraire faire place à quatre véhicules supplémentaires en longue durée de stationnement, alors que la solution la plus efficace serait d’imposer une rotation obligatoire ;
 - que la logique voudrait que le stationnement temporaire limité sur la place du griffe soit revu et mieux réglementé dans les tranches horaires d’ouverture des commerces.
 - que donner plus d’espace au stationnement des véhicules irait à l’encontre de la volonté affichée d’affirmer encore mieux le caractère convivial que nous souhaitons pour cette place.
 Suite à ce courrier, nous avons pris acte de la réponse de Monsieur Tibérino, adjoint au maire à Saint-Césaire et président du Conseil de quartier de Nîmes-Ouest, par laquelle il nous a informés
 « de la suspension, pour l’instant, des aménagements envisagés et d’une réflexion en cours à ce sujet ».
 L’association du patrimoine et le comité de quartier tiendront informés leurs adhérents et les habitants des décisions qui seront prises sur ce dossier par les services techniques de la ville et la municipalité.


La zone pavée - après les barrières, au premier plan -
retenue pour le projet de création de places de stationnement


lundi 7 octobre 2013

La photo ancienne du mois


Il y a un siècle, une importante distillerie 
était installée à Saint-Césaire, à l'emplacement actuel de la Résidence des Ecoles, 
rue De Mascard. 

Les barriques emplies d'alcools et de liqueurs élaborés dans les chais étaient expédiées par chemin de fer dans toute la France.



lundi 16 septembre 2013

De Mascard : l’unique rue personnalisée du vieux village

Les rues de Saint-Césaire - à l’intérieur des limites de ce que fut l’ancien village jusqu’à la fin des années soixante - ont la particularité de dénommer le lieu bien précis qu’elles desservent : rues de l’église, du temple, de l’école, mais aussi chemins du lavoir, du moulin, et encore avenue de la gare, etc. etc… 
Une seule pourtant fait exception, c’est une singularité locale, en étant baptisée d’un nom de personne : il s’agit de la rue de Mascard, qui conduit de la place des écoles à l’intersection avec la rue Jules Raimu (à noter que celle-ci fut aménagée sur le lit du cadereau de Valdegour qu’elle recouvre, lequel constituait la "limite Est" du village avant la construction des nouveaux quartiers Clos des Coqs et des Gallines). 
L’odonyme de cette rue de Saint-Césaire est un bel exemple de l’évolution manuscrite affectant un nom de famille au fil du temps, en fonction des fantaisies administratives d’inscription à l’état civil : ainsi la chronologie abrégée des Combet de Mascart, devenu Demasquard, ensuite De Masquard, …et puis enfin de Mascard comme orthographié aujourd’hui. Nombre de saint-césairois ont découvert le nom de cette personnalité du village lorsque fut apposée la plaque de rue à la fin des années soixante, et bien peu connaissent l’existence même de ce monsieur "de Mascard" à la mémoire duquel est dédiée cette rue. Qui était-il donc ? 
Né à Nîmes en août 1819, Louis-Eugène De Masquard habita toute sa vie à Saint-Césaire où était son activité principale, la viticulture (la résidence des "châtelains" Combet de Mascart était située au Château de la Cascade, le vaste parc qui descend de la colline du moulin à vent jusqu’aux abords de l’église). 
Louis-Eugène De Masquard était un personnage de fort caractère, assez atypique dans son milieu d’origine, dont la renommée s’imposa par des écrits sur la sociologie ; il fut entre autres Membre de l’Académie de Nîmes, collabora à plusieurs journaux, en particulier à ceux traitant d’agriculture, et il connut la notoriété dans le domaine de la sériciculture dont il fit sa spécialité, suite à son mariage avec la fille d’un filateur de soie d’Alès : le grave problème de la maladie des vers à soie, sujet sur lequel son érudition s’exprima dans de nombreuses publications, en fit un adversaire acharné de Louis Pasteur, avec qui il polémiqua sans relâche jusqu’à la mort du savant chercheur. 
Sa biographie a retenu de lui qu’il fut un "réformateur rural contestataire, humaniste et républicain, adversaire acharné du capitalisme", qu’il combattit de toutes ses forces en dénonçant «la féodalité financière qui ruine l’agriculture et la France pour s’enrichir». Des propos déjà vieux de 150 ans !... 
Ce haut personnage de la vie saint-césairoise du 19ème siècle est décédé en novembre 1906 : le cimetière dit protestant, route de Rouquairol, abrite le tombeau de la famille De Masquard.

La photo du mois

Vendanges en septembre
fin des années quarante :
une "colle" de saint-césairois
posant pour la postérité
avant le ramassage des raisins
(remarquer sur la droite l'arrière du cheval
déjà attelé, en attente du remplissage
 du tombereau à grande roue appelé pastière).